Ad Libitum, la corporation la moins ambitieuse d'Eve Online
  CORPORATION FRANCOPHONE AUX ASPIRATIONS MEDIOCRES ET AUX PRETENTIONS RIDICULES
 

Le journale d 1 apranti CeôÔ
an tan réail ou presk lol,
par Darkvador95 ptdr

Présentation Recrutement
Objectifs Contacts

Octobre 2009
Introduction (fumeuse) - samedi - dimanche - lundi - mardi - mercredi - jeudi - vendredi
Novembre 2009
Résumé d'un mois fougueux comme un cheval mort
Décembre 2009
samedi

 

Alor la sa me fé trop marer davoir trouver se journal paske moi ossi mdr je sui metre 2 guild é c coul 2 pouvoir doné ossi son avi sur le boulo difissil kon doi se tapé pr géré sa guild lol. Pour comencé jémerai dir ke g pa tou pijé o konri ke lot i rakont, mé sa métone pa paske le mec sa ma lèr d 1 sacré conar. jeu panse ke le mieu c ke jeu rakont ma prop exper

interlude

Désolé, les gars, hier c'était séance d'épouillage et il semble que j'ai mal refermé la cage, mais tout est désormais rentré dans l'ordre et l'on peut reprendre là où nous nous étions arrêtés :


Le journal d'un apprenti C.E.O
en temps réel ou presque,
par Hekariss

 


Octobre 2009, un lundi fidèle à lui-même, ou "comment perdre un boulot facile sur une simple divergence d'opinion"

Ce matin, j'ouvre les yeux sur une nouvelle journée ensoleillée. Dès mon réveil, je sens la vie reprendre ses droits, j'étends les bras et pousse un vagissement d'homme libre, en pleine possession de ses moyens, fier d'appartenir à la race de ceux-qui-marchent-debout. A peine courbaturé, je sors de la voiture et me dirige vers mon estaminet préféré où m'attend la fraîcheur cumulée d'une douche revigorante et d'un petit muscadet.

Plus tard, je passe chez Diogène pour me connecter à internet. Je suis tout d'abord très surpris de découvrir, à la place de mon pote, une grande fille dans sa cuisine, gainée de cuir et perchée sur des talons démesurés, occupée à laver la vaisselle. Il me faut quelques secondes pour apprécier à sa juste valeur la situation :
- Salut Dio, tu peux m'expliquer... ?
- Quoi ? il grogne.
- Ben ça... Depuis quand tu manges dans des assiettes ?
Je vois bien que je le mets mal à l'aise, mais il soupire et répond :
- Le camion de pizza a brûlé. J'ai du me faire des oeufs.
Je me marre doucement.
- Ça a pas du être trop dur, pour une belle poule comme toi. Et je suppose que ta tenue est liée au fait que faire la vaisselle habillé en cow-boy te paraissait contre-nature ?
- Oh non, ça par contre, je suis aussi curieux que toi. Je me suis réveillé comme ça. A côté de l'autre con.
- Quel autre con ? je demande en fouillant l'appartement des yeux.
- L'autre con. Un type. Pas bavard. D'ailleurs, si tu veux bien aller chercher des bières, il m'a laissé du fric sur la table de nuit. Un vrai con, j'te dis.
J'étouffe les vingt euros et me dirige vers la porte. Je jette un dernier coup d'oeil sur son cul pendant qu'il se penche par dessus la poubelle.
- Tu sais, vieux, tu devrais quand même y aller mollo sur les mélanges. Un de ces quatre, il va t'arriver des bricoles.
- Qu'est-ce que tu crois, il répond, je sais bien. Ça avait pourtant bien commencé, hier soir. J'avais mis ma chouette salopette, celle qu'avec j'emballe tout ce qui bouge.
- Tu veux dire : tout ce qui tremble, mais vas-y, continue.
- Donc, je suis allé dans l'arène des philosophes, fiers adorateurs de Dyonisos...
- Le bar en bas, ouais...
- Et là, y avait une fille superbe, toute en jambes et en cul, qui se balançait langoureusement sur un air de java. Ça m'a rappelé mes quarante ans, et elle m'a souri et on a bu un verre, puis un autre, tu sais ce que c'est.
- Pour les verres, ouais, t'inquiète.
- Bon, et puis voilà quoi. Je me souviens à peu près du moment où on a foutu le feu au camion de pizzas, mais après, ben c'est le noir complet. C'est dommage, c'était une sacrée nana.
Je hausse les épaules juste avant de lui mentir :
- T'en auras d'autres. Bon, je vais chercher les bières. Dis, c'est sympa si tu te changes en attendant, on a une corpo à créer, t'as pas oublié ?
- Tu parles, y a deux forums où s'inscrire, je te les ai mis de côté.

En descendant l'escalier, je croise une grande fille plutôt moche qui gravit les marches en grognant furieusement et en serrant les poings comme si Jeremy Cricket s'y trouvait. La salopette qu'elle porte est beaucoup trop large pour elle, et je me dis que c'est un bon jour pour aller renouveler ma carte de séjour, pour une fois que je suis pas débordé.

Il est midi et je corrige quelques fautes sur le site. Faut que j'arrête d'y toucher. C'est difficile de se faire une idée du résultat : d'un côté, ça semble très sérieux et, d'un autre, je raconte vraiment n'importe quoi dedans. C'est bien beau de passer sa vie à déconner, mais quand on parle d'un jeu, je me dis qu'un minimum de sérieux s'impose. La gravité des choses légères, comme disait l'autre.

Je me rends sur les deux forums sélectionnés par Dio. L'un s'appelle Jol, l'autre, Mondes Persistants. Je ne vois pas du tout ce que ça peut vouloir dire et m'en fous royalement. C'est sûr qu'en latin ça aurait eu plus de gueule, mais tout le monde n'a pas lu Pline dans le texte. C'était sûrement plus facile à l'époque, sous Pline.

Je prends le temps d'écrire deux posts différents, contrairement à tous ces jenfoutres qui te font un copié-collé sous prétexte que ce sont les deux même sites avec exactement les mêmes lecteurs. J'actualise les pages : et voilà, je suis en haut de la liste des offres de recrutement ; le visuel que j'ai placé est plutôt sympa même s'il ne veut absolument rien dire, c'est le charme de la fonction "random" dans Google Images : deux clowns sur un podium que j'ai collé au milieu de la station parce que la perspective était bonne. On a brûlé des charlatans pour moins que ça. Je sens que ça va plaire. Après tout, on a bien élu Sarkozy et les perspectives étaient à chier.

Pendant que je rentre dans le jeu pour aller visiter un wormhole, Diogène relit ma prose. Il me tape sur l'épaule :
- Pourquoi t'inventes cette histoire au début, où je suis habillé en femme ?
- Parce que c'est vrai.
- C'était quand ?
- Ce matin, vieux, ce matin.
Il repose les feuillets à côté de l'écran. Je l'entends se vautrer dans son fauteuil et allumer la télé.
- Demain, je reprends le journal, il dit. Je préfère quand tu joues du violon.
- Je joue pas de violon, t'es con.
- Ben justement, tu vas avoir du temps pour apprendre.


Certes, mais tout ça ne nous dit pas s'il y avait un tireur isolé, ou plusieurs ?